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La plume et le micro
Maxime PETIT
Mails : petit_maxime@yahoo.fr
Arrivé au métier de journaliste par la presse écrite, en enchaînant les postes de localier dans la presse quotidienne régionale (Rhône, Isère, Ain), j'ai travaillé entre 2009 et 2011 comme journaliste, puis coordinateur de rédaction de la radio Alpes 1 (35 000 auditeurs/jour), dans les Hautes-Alpes. Mon quotidien se partageait entre la présentation des matinales d'informations, la gestion d'une équipe de quatre journalistes, la recherche des sujets, et les interviews politiques en direct. Depuis janvier 2012, je suis journaliste-présentateur sur l'antenne de Radio Scoop, à Lyon. Mes maîtres mots pour traiter l'actualité, chaque jour : réactivité, rigueur et initiative.
Janvier 2012 : journaliste-présentateur à Radio Scoop, Lyon (69)
Décembre 2011 : co-gestionnaire et rédacteur du blog Politique42.fr
Décembre 2011 : pigiste pour le trimestriel Commune Passion
Novembre 2011 : journaliste free-lance à Saint-Etienne (42) et Lyon (69)
Juin 2010 : responsable de la rédaction d'Alpes 1 à Gap (05) et correspondant de l'AFP pour les Alpes du Sud
Juillet 2009 : radio Alpes 1, Gap (05)
Juin 2009 : Le Progrès, Ambérieu-en-Bugey (01)
Mai 2009 : Le Dauphiné Libéré, Vienne (38)
Janvier 2009 : Le Progrès, Villeurbanne (69)
Décembre 2008 : Chérie fm, Vienne (38)
Novembre 2008 : Le Progrès, Rillieux-la-Pape (69)
Août 2008 : La Dépêche du Midi, service magazine, Toulouse (31)
Juillet 2008 : Le Progrès, correspondant pour la culture, Lyon (69)
Mars 2008 : Le Progrès, service culture, Lyon (69)
Juillet 2007 : R. C. F. Avigon (84)
Avril 2007 : Le Progrès, Givors (69)
Avril 2006 : La Gazette de la Loire, Saint-Étienne (42)
ST-ROMAIN-AU-MONT-D'OR - Entre craintes pour la valeur des biens immobiliers, défense de la liberté
d'expression et exaspération, la demeure ne laisse personne indifférent. Reportage hier, alors que le procès se poursuivait à Grenoble
Qu'est-ce qui est gros, noir et rouge, et qui divise tout un village ? Si vous débarquez du côté de
Saint-Romain-au-Mont-d'Or pour tester cette devinette, la réponse ne devrait pas tarder.
Depuis neuf ans, soit le commencement des travaux au lieu-dit « La source », où trône actuellement la « villa-musée » du patron et plasticien lyonnais Thierry Ehrmann, les habitants vivent avec ce lieu sombre et dévasté à leur fenêtre, voire de l'autre côté de leur mur. Hier matin, malgré le calme relatif régnant dans les ruelles, où les gouttes de pluie et les fontaines se partageaient un silence apaisant, les Saromagnots n'ont pas fait mystère de leur intérêt pour le procès de Thierry Ehrmann devant la cour d'appel de Grenoble.
Petit tour par le lieu de passage incontournable du matin : la supérette. Le gérant affiche une
neutralité « bonne pour le commerce ». Ce trentenaire n'a pas sa place dans les tranchées des « pour » ou des « contre » de la Demeure du chaos.
Mais il est bien placé pour prendre le pouls des habitants. « Les gens suivent le sujet dans le journal. Il y a un vrai malaise ici », confie-t-il. « La plupart des habitants sont partagés, mais certains ressentent presque de la haine. »
Au-delà du simple goût pour la « patte Ehrmann », la question de l'urbanisme met la municipalité dans une situation embarrassante, selon le commerçant. « Normalement, les habitants ne sont pas libres de poser une tuile ou un volet sans l'accord de la mairie, mais actuellement ils font ce qu'ils veulent. Si la mairie désapprouve, ils avancent qu'ils changeront quand elle aura réglé le problème de la Demeure du chaos. »
Le pain et le journal sous le bras, Henri, vivant à Saint-Romain depuis 85 ans, se désole du sort
fait au « patrimoine » représenté par cet ancien relais de poste du XVIIIe siècle ayant servi aux
expérimentations artistiques du patron du Groupe Serveur, spécialisé dans les services informatiques. « Quand on est habitué aux vieilles pierres, et qu'on a connu l'ancienne maison, c'est dur. J'évite de passer devant. Et quand monsieur Ehrmann vient ici, je lui tourne le dos…
» Une réaction que ne partage pas Georgette, 67 ans. En panne de gaz, et traînant sa bouteille
métallique derrière elle, cette riveraine lâche : « Thierry Ehrmann fait ce qu'il veut ici, c'est chez lui.»
Dans la rue
longeant la demeure sur la gauche, une dame d'une quarantaine d'années promène son labrador. Pour elle, « c'est sûr que ça a créé de la tension au début dans le village, mais maintenant je me
demande si les gens y font encore attention ». Dans ce lotissement limitrophe du domaine de Thierry Ehrmann, les voisins sont aux premières loges.« Ça attire beaucoup de curieux, surtout
le week-end, mais il n'y a jamais eu de vandalisme », précise Driss, 48 ans, qui emmène son petit garçon à l'école, à quelques pas des carcasses d'avion, de voiture et de tank, exposées de
l'autre côté du mur, mais largement visibles par des brèches dans la façade.
« Les enfants n'ont pas peur. C'est un peu comme si on avait un « chaos land » à côté. Nous vivons en bonne harmonie avec Thierry Ehrmann : il n'a pas le caractère de ce qu'il projette sur ses murs. » L'inquiétude de Driss tient plutôt à l'immobilier. « D'après les agences, la Demeure aurait un impact négatif sur les prix des habitations qui l'entourent. » Malgré les années, l'œuvre de Thierry Ehrmann ne laisse personne indifférent à Saint-Romain. Elle fait simplement un peu plus partie du paysage.
Maxime Petit
Reportage photo : M. P
Article publié dans Le Progrès du
19/11/2008