JUSTICE. Le procès de trois hommes fichés au grand banditisme s’ouvre lundi 5 décembre devant les Assises du Rhône. Ils sont accusés d’avoir braqué, chez lui, un bijoutier de Tassin-la-Demi-Lune, le 23 juin 2000. Tous étaient alors en cavale après une spectaculaire évasion de prison en hélicoptère.
Un courtier en bijoux de Tassin-la-Demi-Lune (Rhône) se souviendra sans doute à jamais du 23 juin 2000. Date à laquelle,
peu après 7h du matin, et alors qu’il est avec femme et enfants à son domicile de l’Ouest-Lyonnais, trois hommes armés font irruption chez lui. Le commerçant reçoit un coup de crosse de revolver
à la tête, se retrouve ligoté, et contraint d’ouvrir son coffre-fort.
C’est à ce moment-là, alors que la victime profite d’un moment d’inattention des malfaiteurs pour actionner l’alarme du coffre, que tout a failli basculer. L’un des malfaiteurs braque son arme sur le bijoutier et fait feu à hauteur de visage. D’après le témoignage de la victime, elle aurait détourné légèrement la tête, évitant ainsi la balle, qui est allée se perdre dans un mur. Les trois malfaiteurs avaient alors mis les voiles avec plus de 80 000 euros, en bijoux principalement, et espèces.
Ces faits, qui remontent à plus de onze ans, sont au cœur d’un procès de trois jours devant la Cour d’Assises du Rhône, à Lyon, du lundi 5 au mercredi 7 décembre. Les trois accusés, fichés au grand banditisme, ont été mis en cause par l’enquête des gendarmes de la Section de recherche (SR) de Lyon. Au moment des faits, en juin 2000, Jean-Charles Da Silva (38 ans), Christian Pyotte (62 ans) et Karim Tahir (39 ans) étaient en cavale, après s’être évadés en hélicoptère du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure (Allier), et de la maison d’arrêt de Nantes (Loire-Atlantique).
Selon l’ordonnance de mise en accusation, les trois hommes « avaient nécessairement pour objectif de pérenniser et de financer leur fuite par des opérations criminelles rapides et lucratives ». Ils ont été confondus par des traces retrouvées sur les lieux du crime et la découverte d’une partie du butin au domicile de l’un d’entre eux, à Lyon.
Sur les trois compères de cavale, seuls deux seront à la barre, Jean-Charles Da Silva étant toujours dans la nature, et sous le coup d’un mandat d’arrêt de 2007 pour d’autres faits. Christian Pyotte (12 condamnations au casier, dont deux à perpétuité pour meurtre et tentative d’assassinat) sera défendu par l’avocat pénaliste lyonnais Me David Metaxas. Il devra répondre de « récidive de vol avec arme ». Idem pour Karim Tahir (9 condamnations, dont 15 ans de réclusion pour vol à main armée et tentative de meurtre sur agents de la force publique), qui aura comme conseil le Stéphanois Me André Buffard. Les deux hommes ont nié les faits durant leurs auditions.
Da Silva, accusé d’avoir tiré sur le courtier en bijoux, sera lui jugé par défaut, c’est-à-dire en son absence, pour « tentative de meurtre ». Le courtier tassilunois ne devrait pas se constituer partie civile à l’audience. Contacté, il ne souhaite pas s’exprimer sur cette affaire qu’il considère comme « classée ».
Maxime Petit
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